Depuis 3 mois que je vous le vends, c'est indéniable, le Japon est un pays passionnant et très agréable à vivre (et surtout grâce aux gens qui l'habitent). Mais vivre dans un pays où on ne comprend pas la langue, où on ne peut pas lire un menu ni une indication, où les différences culturelles sont aussi énormes et où chaque geste que l'on fait doit être pensé avec minutie pour ne pas pas faire de mauvais pas, c'est parfois épuisant physiquement et moralement. J'ai beau avoir Mari à mes côtés tout le temps, tout ce qui se dit, la plupart de ce qui se passe autour de moi (sensations exceptées) reste flou. Je vis la plupart du temps dans une bulle.... ou devrais-je plutôt dire une cage?!? Comme le racontait Raphaële, vivre dans une bulle a des côtés très agréables... un monde sans agressions extérieures, uniquement celles que l'on veut bien laisser rentrer ou qu'on s'inflige soi-même. Je préfère donc le terme bulle (bulle d'air est encore plus beau... kihou), même si la journée d'hier aurait pu me faire pencher pour le terme "cage".
Car hier, la paroi transparente de ma bulle n'était pas assez solide pour filtrer complètement la mauvaise-humeur du sponsor qui nous a amenées filmer chez le médecin avec Takuya et Eba, et qui trouvait que j'avais mal agi en changeant la date du tournage (filmer samedi au lieu de vendredi, pour diverses raisons) et surtout en ne m'inclinant pas assez devant lui, l'homme qui finance Oshima Beya à Osaka.
A rajouter à son énervement à mon égard la petite question de trop: "dîtes, monsieur Fujita San, pourquoi vous nous demandez de ne pas utiliser les images que je viens de filmer pendant 3 heures ce matin? ah, il y avait sur le dohyo un homme (catcheur) tatoué et c'est sacrilège, je comprends, d'accord, dommage que vous ne nous ayez pas dit ça avant, j'aurais fait en sorte de ne pas trop le mettre dans le champ, mais d'accord.... mais dîtes, je voudrais comprendre un peu mieux, pour ma culture sur le shintoisme et le monde des sumos... d'où vient ce sacrilège? à quoi est lié le tatouage dans la culture japonaise?..... quoi?! il faudrait que je lise un peu plus au lieu de poser des questions... ok, merci, je retourne m'enfermer dans ma bulle...."
Rdv suivant: nous avions rdv avec des cameramen de la NHK qui vont filmer pour nous les combats de Takuya pendant le basho (il doit se battre 7 fois, et évidemment en gagner le maximum pour pouvoir monter de niveau) et après les avoir attendus pendant près de 3 heures, c'est à Mari que j'ai dit ce que je voudrais, c'est Mari que je regardais et pas eux, alors qu'on forme une équipe. Oui on forme une équipe mais entre eux et moi il y a la paroi d'une bulle.
On est rentrées épuisées à Oshima Beya, et au moment où je me voyais déjà rentrée à Kobé plonger dans mon lit, Minaru nous a appelées pour nous dire qu'il était en train de gagner au Patchinko (un mystère pour moi, mais ça vaudrait un titre à lui tout seul..) et qu'il nous invitait à manger... Très sympa dans le principe, c'est plein d'attentions, surtout qu'on va se quitter pour quelques semaines bientôt, mais passer encore 2 heures assise à une table à essayer de capter les expressions des visages de Minaru et Takuya, à essayer de reconnaître les 2-3 mots ou noms que je connais, à passer mon temps à demander à Mari "et qu'est ce qu'il dit, là?!" puis à me dire "merde, on l'a pas ça, dit devant la caméra... pourquoi ils racontent jamais tout ça quand je filme?" m'a achevée...
Ma bulle a beau être spacieuse, remplie de couleurs, de sensations, de souvenirs, d'arcs-en-ciel imaginaires, de musique (parfois Radiohead, parfois Kenny Arkana, parfois Axe Riverboy, parfois...) , elle n'en reste pas moins un espace fermé, de temps en temps claustrophique. Il est temps qu'elle éclate pour pouvoir regrossir à nouveau plus tard.
Ce sera chose faite dans une semaine maintenant. Une semaine pile. J-7.
Car hier, la paroi transparente de ma bulle n'était pas assez solide pour filtrer complètement la mauvaise-humeur du sponsor qui nous a amenées filmer chez le médecin avec Takuya et Eba, et qui trouvait que j'avais mal agi en changeant la date du tournage (filmer samedi au lieu de vendredi, pour diverses raisons) et surtout en ne m'inclinant pas assez devant lui, l'homme qui finance Oshima Beya à Osaka.
Rdv suivant: nous avions rdv avec des cameramen de la NHK qui vont filmer pour nous les combats de Takuya pendant le basho (il doit se battre 7 fois, et évidemment en gagner le maximum pour pouvoir monter de niveau) et après les avoir attendus pendant près de 3 heures, c'est à Mari que j'ai dit ce que je voudrais, c'est Mari que je regardais et pas eux, alors qu'on forme une équipe. Oui on forme une équipe mais entre eux et moi il y a la paroi d'une bulle.
On est rentrées épuisées à Oshima Beya, et au moment où je me voyais déjà rentrée à Kobé plonger dans mon lit, Minaru nous a appelées pour nous dire qu'il était en train de gagner au Patchinko (un mystère pour moi, mais ça vaudrait un titre à lui tout seul..) et qu'il nous invitait à manger... Très sympa dans le principe, c'est plein d'attentions, surtout qu'on va se quitter pour quelques semaines bientôt, mais passer encore 2 heures assise à une table à essayer de capter les expressions des visages de Minaru et Takuya, à essayer de reconnaître les 2-3 mots ou noms que je connais, à passer mon temps à demander à Mari "et qu'est ce qu'il dit, là?!" puis à me dire "merde, on l'a pas ça, dit devant la caméra... pourquoi ils racontent jamais tout ça quand je filme?" m'a achevée...
Ma bulle a beau être spacieuse, remplie de couleurs, de sensations, de souvenirs, d'arcs-en-ciel imaginaires, de musique (parfois Radiohead, parfois Kenny Arkana, parfois Axe Riverboy, parfois...) , elle n'en reste pas moins un espace fermé, de temps en temps claustrophique. Il est temps qu'elle éclate pour pouvoir regrossir à nouveau plus tard.
Ce sera chose faite dans une semaine maintenant. Une semaine pile. J-7.
2 commentaires:
Moi je me réjouis que tu quittes ta bulle pour venir te ressourcer à Paris !
A très très vite!
Et oui, au Japon aussi il y a des cons.
Allez, encore une semaine et tu retrouve les bon vieux c... parisiens, au moins eux tu sais comment les gérer.
Bisous
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