Première journée à Oshima Beya Osaka, notre nouvelle maison d'adoption! La journée a été très longue et très chargée.
L'ambiance est différente de Tokyo, je voyais ça plus froid et plus impersonnel. Ca l'est dans les lieux (l'immeuble est plus grand, il n'y a pas de douches, la chambre est plus grande mais sombre), mais l'ambiance est bien plus chaleureuse ici. Okamisan n'est pas là, Oyakata est avec ses amis sponsors, on dîne dans la cuisine autour d'une table et plus dans la chambre au milieu de leurs affaires. Il règne comme une atmosphère de colonie de vacances ici. On n'est plus là simplement pour filmer, on vit avec eux. On se lève aux aurores comme eux (début du tournage 6h45), on déjeune avec eux, on traine pendant leur sieste, on laisse notre matériel dans un coin, on dîne avec eux et hier soir, on était tellement fatiguées qu'on n'a pas eu le courage de rentrer à Kobé chez les parents de Mari, du coup on a carrément dormi avec Oyakata sur des futons! Qui aurait cru ça? Partager la chambre d'un Oyakata endormi devant la télé, en pyjama rayé?!?
Je crois bien qu'on fait partie des meubles maintenant! Ce qui, évidemment, peut poser des problèmes: difficile de faire en sorte que les sumos ne parlent pas à Mari quand elle est face à eux, la perche à la main; difficile de décider de poser la caméra et de partager un repas avec eux quand ce qui se dit lors de ce repas, on ne l'a jamais eu devant la caméra (c'est trop frustrant); difficile de garder la distance nécessaire. Garder les distances est plus facile pour moi, puisque je ne peux pas communiquer avec eux directement, mais c'est tellement frustrant d'avoir la chance d'être acceptée et intégrée dans l'intimité d'un groupe de sumos et de ne pas comprendre un seul mot des conversations et des blagues (ils se marrent tout le temps)! L'expérience serait tellement plus passionnante encore si j'avais une oreillette qui me traduisait tout en direct dans le creux de l'oreille!!
Bref. La journée a été bien remplie et le futon dans la chambre d'Oyakata était plus que le bienvenu. Ce matin, c'était très chouette, des petits sumos sont venus assister -et participer- à l'entraînement. A les observer déjà tellement dans le "moule", dans leurs petits mawashis blancs, on se dit que le sumo n'est pas près de disparaître et que sur cette terre, les enfants n'ont pas tous le même quotidien, la même enfance, et que pour ces enfants-là, leurs chemins sont déjà tout tracés. Ca fait une drôle d'impression quand même... peut-on vraiment décider à 10 ans à peine, de son propre chef, de devenir sumo, de passer son enfance et sa jeunesse à s'entraîner? C'est la question que je me posais hier soir, dehors, sous les étoiles, dans l'eau bouillante du bain public où nous sommes allées nous laver, en croisant le regard d'une petite fille courant toute nue vers sa maman.

L'ambiance est différente de Tokyo, je voyais ça plus froid et plus impersonnel. Ca l'est dans les lieux (l'immeuble est plus grand, il n'y a pas de douches, la chambre est plus grande mais sombre), mais l'ambiance est bien plus chaleureuse ici. Okamisan n'est pas là, Oyakata est avec ses amis sponsors, on dîne dans la cuisine autour d'une table et plus dans la chambre au milieu de leurs affaires. Il règne comme une atmosphère de colonie de vacances ici. On n'est plus là simplement pour filmer, on vit avec eux. On se lève aux aurores comme eux (début du tournage 6h45), on déjeune avec eux, on traine pendant leur sieste, on laisse notre matériel dans un coin, on dîne avec eux et hier soir, on était tellement fatiguées qu'on n'a pas eu le courage de rentrer à Kobé chez les parents de Mari, du coup on a carrément dormi avec Oyakata sur des futons! Qui aurait cru ça? Partager la chambre d'un Oyakata endormi devant la télé, en pyjama rayé?!?
Je crois bien qu'on fait partie des meubles maintenant! Ce qui, évidemment, peut poser des problèmes: difficile de faire en sorte que les sumos ne parlent pas à Mari quand elle est face à eux, la perche à la main; difficile de décider de poser la caméra et de partager un repas avec eux quand ce qui se dit lors de ce repas, on ne l'a jamais eu devant la caméra (c'est trop frustrant); difficile de garder la distance nécessaire. Garder les distances est plus facile pour moi, puisque je ne peux pas communiquer avec eux directement, mais c'est tellement frustrant d'avoir la chance d'être acceptée et intégrée dans l'intimité d'un groupe de sumos et de ne pas comprendre un seul mot des conversations et des blagues (ils se marrent tout le temps)! L'expérience serait tellement plus passionnante encore si j'avais une oreillette qui me traduisait tout en direct dans le creux de l'oreille!!
Bref. La journée a été bien remplie et le futon dans la chambre d'Oyakata était plus que le bienvenu. Ce matin, c'était très chouette, des petits sumos sont venus assister -et participer- à l'entraînement. A les observer déjà tellement dans le "moule", dans leurs petits mawashis blancs, on se dit que le sumo n'est pas près de disparaître et que sur cette terre, les enfants n'ont pas tous le même quotidien, la même enfance, et que pour ces enfants-là, leurs chemins sont déjà tout tracés. Ca fait une drôle d'impression quand même... peut-on vraiment décider à 10 ans à peine, de son propre chef, de devenir sumo, de passer son enfance et sa jeunesse à s'entraîner? C'est la question que je me posais hier soir, dehors, sous les étoiles, dans l'eau bouillante du bain public où nous sommes allées nous laver, en croisant le regard d'une petite fille courant toute nue vers sa maman.

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