Elle avait raison, Sofia Coppola : à Tokyo, on est forcément “lost in translation (Hon'yaku)”.
Peu de Tokyoïtes parlent anglais, alors quand on ne sait dire que “bonjour” et “merci”, comment faire pour demander son chemin, surtout dans une ville sans noms de rue ? Comment faire pour comprendre un menu et ne pas commander une soupe ultra épicée le jour où l’on rêve de nouilles un peu fades ? Comment faire pour participer intelligemment à une conversation autour d’un déjeuner entre filles ? Comment faire pour apprécier une longue phrase d’Okamisan que Mari ne traduit que par “haricot rouge” ? Pas facile… On est souvent un peu perdu.
Pourtant, ça a aussi du bon de ne pas tout comprendre, de ne pas saisir certaines nuances qui se perdent dans la traduction, de ne pas avoir accès à toutes les infos, d’être protégé de la pollution sonore et visuelle des pubs, des enseignes, des annonces, de pouvoir s’enfermer dans une bulle au milieu d’une foule.
Se sentir perdu, sans traduction, ça facilite parfois la rencontre d’autres bulles. Les liens se créent plus facilement avec des étrangers qui, eux aussi, sont soulagés de trouver quelqu’un qui les comprend. Alors les bulles éclatent. C’est ce qui nous est arrivé dimanche avec un Australien qui semblait un peu perdu au milieu d’une foule de Japonais. Après quelques sourires et deux ou trois mots échangés, on est allés faire du shopping ensemble… On n’avait rien en commun, hormis la langue. Mais d’être “lost in translation” a suffi à créer un lien entre nous. Malheureusement, ce n’était pas Bill Murray !
Dans deux jours, je serai de retour à Paris, plus de barrière de la langue, plus de cartes de restaurant obscures, plus de bulle au milieu de la foule… je vais me reperdre dans mes traductions*.
Ces derniers jours, par ma faute, Jill a pris un peu de retard dans la rédaction de son blog. Pour me faire pardonner, je lui ai donc proposé d’écrire le texte de ce soir, question aussi de vous envoyer un petit message avant de retourner de votre côté du blog.
A très bientôt à Paris…
Raphaële San.
*Pour ceux qui ne le savent pas, c’est mon métier.
Peu de Tokyoïtes parlent anglais, alors quand on ne sait dire que “bonjour” et “merci”, comment faire pour demander son chemin, surtout dans une ville sans noms de rue ? Comment faire pour comprendre un menu et ne pas commander une soupe ultra épicée le jour où l’on rêve de nouilles un peu fades ? Comment faire pour participer intelligemment à une conversation autour d’un déjeuner entre filles ? Comment faire pour apprécier une longue phrase d’Okamisan que Mari ne traduit que par “haricot rouge” ? Pas facile… On est souvent un peu perdu.
Pourtant, ça a aussi du bon de ne pas tout comprendre, de ne pas saisir certaines nuances qui se perdent dans la traduction, de ne pas avoir accès à toutes les infos, d’être protégé de la pollution sonore et visuelle des pubs, des enseignes, des annonces, de pouvoir s’enfermer dans une bulle au milieu d’une foule.
Dans deux jours, je serai de retour à Paris, plus de barrière de la langue, plus de cartes de restaurant obscures, plus de bulle au milieu de la foule… je vais me reperdre dans mes traductions*.
Ces derniers jours, par ma faute, Jill a pris un peu de retard dans la rédaction de son blog. Pour me faire pardonner, je lui ai donc proposé d’écrire le texte de ce soir, question aussi de vous envoyer un petit message avant de retourner de votre côté du blog.
A très bientôt à Paris…
Raphaële San.
*Pour ceux qui ne le savent pas, c’est mon métier.
5 commentaires:
Quelle plume... Encore une fois (pour me répéter) je suis jalouse ! Que de sensations extraordinaires amène le Japon. Vous me faites rêver les filles. C'était déjà un fantasme, ça devient un objectif... J'espère que vous ferez d'autres rencontres, d'autres découvertes culinaires bref que vous continuerez à rêver les yeux grands ouverts!
Profiter bien et encore merci de partager tout cela avec nous !
Gros bisous
laure san
Heureusement Sailor moon à toujours sa baguette magique pour un aventurier de la grande ville sans noms de rues.
En Iran les noms de rues ne sont pas communs non plus, ils sont un tracé, un plan, un chemin depuis un bâtiment important ou célèbre jusqu'à chez soi.
Ainsi mon frère habitait "Kheyaban E Razavi, Koutché Faridzadeh, Moqabele Madrasse Yé Elmiye, Plak 37, Macchad, Iran". Alors je ne me souviens pas du sens exact, on verra si Rapha se sent capable de tenter la traduction, mais en substance c'est "Grande avenue Razavi (doit être un nom il me semble, comme quoi), prendre par le passage de la poste,
à droite aprés l'école religieuse, numéro 37, Macchad, iran".
Le facteur doit être super balaise aux devinettes.
Bon retour à la parisienne, en attendant la seconde, qui n'a jamais été aussi près du retour. (J-24)
Ben nous à Lyon on a des rue, en fait c'est pas des rues mais des escaliers, pas pratique en voiture....
Bon, ok, nul, mais on a ce qu'on peut...
tu est a paris juska quand?
Emma, mon anglosaxonne préférée, c'est pas moi qui rentre à Paris mais copine Raphaele qui est venue passer 10 jours avec moi et qui a pris le relais sur mon blog.... moi je rentre le 15 mars... pour 2 ou 3 semaines... et normalement je repars pour tokyo jusqu'à fin juin... je vous tiendrai au courant évidemment
bisous!!
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